📅 Dernière mise à jour : 11 mai 2026 📖 Lecture : ~15 min
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L'essentiel
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Installation électrique
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Consulter notre servicePoints clés à retenir concernant l’installation d’un tableau électrique
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La NF C 15-100 édition 2024 est la seule référence applicable depuis août 2025
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Un tableau conforme comprend des protections précisément dimensionnées
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La GTL détermine l’emplacement et les dimensions du tableau
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L’attestation CONSUEL est indispensable pour raccorder une nouvelle installation
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1. La norme NF C 15-100 : le cadre légal
En France, toute installation électrique basse tension est encadrée par la norme NF C 15-100. Créée en 1970 par l’Union Technique de l’Électricité (UTE) et publiée par l’AFNOR, cette norme constitue le socle réglementaire incontournable pour concevoir, réaliser et entretenir les installations électriques résidentielles, commerciales et industrielles.
Dernière mise à jour : édition août 2024 — en vigueur depuis août 2025
La norme NF C 15-100 a été restructurée en profondeur le 23 août 2024. Elle est désormais organisée en21 textes distincts(NF C 15-100-X) et est devenue la seule référence obligatoire pour tous les permis de construire déposés à partir du 1er septembre 2025. (Source : Legrand Pro / Schema-electrique.net)
1.1. Qu’encadre la norme NF C 15-100 ?
La NF C 15-100 fixe les règles deconception, de réalisation et d’entretiendes installations électriques basse tension en France. Elle s’applique aux constructions neuves comme aux rénovations totales, et couvre notamment :
- L’emplacement et les dimensions du tableau électrique (GTL)
- La composition du tableau : types et nombres de protections
- Les circuits obligatoires par pièce et par usage
- Les règles de section de câble et de calibre des disjoncteurs
- Les règles spécifiques aux pièces humides (salle de bain, cuisine)
- Les installations spéciales : IRVE (borne de recharge VE), photovoltaïque, domotique
1.2. Principales évolutions de l’édition 2024/2025
| Évolution | Détail | Statut |
|---|---|---|
| Différentiels Type F | Obligatoires pour les circuits alimentant des équipements à variateur de vitesse monophasé : pompe à chaleur, climatisation, pompe de piscine | Obligatoire |
| Parafoudre - distance réduite | Recommandé dès 10 m de distance (contre 30 m auparavant) dans le résidentiel | Conditionnel |
| DPDA (protecteurs d'arc) | Conseillés pour les circuits prises dans les chambres et locaux à risque | Recommandé |
| Faux-plafonds et vides de construction | Protection IP55 ou capot obligatoire dans certains cas | Obligatoire |
| Parafoudre communication | Si parafoudre sur tableau de puissance → parafoudre obligatoire sur réseau cuivre de communication | Obligatoire |
| RE 2020 – Compteur d'énergie | Mesure ou estimation des consommations par type d'énergie, affichage mensuel minimum dans l'habitat | Obligatoire |
Sources : Schema-electrique.net, Devenir-electricien.fr, EGPP Électricité
Obligation légale : La NF C 15-100 est obligatoire pour toute construction neuve et rénovation lourde depuis l’arrêté du 3 août 2016. Un tableau non conforme expose à des risques d’incendie, d’électrocution, et peut bloquer la vente ou la mise en location du bien.
2. Composants obligatoires du tableau électrique
Un tableau électrique conforme à la NF C 15-100 doit obligatoirement contenir plusieurs catégories d’équipements. Voici la liste exhaustive des composants requis, avec leur rôle et les règles associées.
2.1. Le disjoncteur de branchement (AGCP)
Situé en amont du tableau électrique, l’Appareil Général de Commande et de Protection (AGCP) — aussi appelé disjoncteur d’abonné ou disjoncteur général — coupe l’arrivée d’électricité depuis le réseau Enedis. Il est plombé par le gestionnaire de réseau et calibré selon la puissance souscrite :
| Puissance souscrite | Calibre AGCP |
|---|---|
| 3 kVA | 15 A |
| 6 kVA | 30 A |
| 9 kVA | 45 A |
| 12 kVA | 60 A |
Source : EGPP Électricité
2.2. Les interrupteurs différentiels (30 mA)
Les dispositifs différentiels à courant résiduel (DDR) protègent les personnes contre les chocs électriques en détectant les fuites de courant vers la terre. La NF C 15-100 impose :
- Minimum 2 interrupteurs différentiels par tableau (répartition équilibrée des circuits)
- Maximum 8 circuits par interrupteur différentiel
- Sensibilité obligatoire : 30 mA (seuil garantissant la protection des personnes)
| Type | Usage | Statut |
|---|---|---|
| Type AC | Circuits classiques : éclairage, prises sans électronique | Standard |
| Type A | Appareils électroniques/moteur : lave-linge, lave-vaisselle, plaques de cuisson, borne IRVE | Obligatoire |
| Type F | Équipements à variateur de vitesse monophasé : PAC, climatisation, pompe de piscine | Obligatoire depuis 2025 |
Sources : Legrand Pro, MesDépanneurs.fr
2.3. Les disjoncteurs divisionnaires
La règle est simple : 1 disjoncteur par circuit, 1 circuit par disjoncteur. Les coupe-circuits (fusibles) sont interdits en construction neuve et en rénovation lourde. Le calibre du disjoncteur est déterminé par la section du câble et la puissance de l’équipement.
2.4. Le parafoudre
Le parafoudre protège l’installation contre les surtensions transitoires causées par la foudre ou d’autres phénomènes. Il est obligatoire dans les cas suivants :
- Bâtiments alimentés par une ligne aérienne dans un département où l’indice kéraunique (Nk) est supérieur à 25
- Installations où l’indisponibilité des équipements présente un risque pour la sécurité des personnes (médicalisation à domicile, alarmes, systèmes de sécurité incendie)
- Bâtiments situés à moins de 50 m d’un paratonnerre
Le parafoudre doit être câblé au plus près de l’alimentation principale du tableau et le câble de fuite vers la terre ne doit pas excéder 50 cm.
Source : Schema-electrique.net
3. GTL et ETEL : emplacement et dimensions
La Gaine Technique Logement (GTL) est l’espace physique qui regroupe l’ensemble des équipements électriques de protection, de commande et de communication. Elle est contenue dans l’Espace Technique Électrique du Logement (ETEL).
Contenu de la GTL
- Le tableau électrique de répartition
- Le panneau de contrôle (compteur + disjoncteur de branchement)
- Le coffret de communication (obligatoire en construction neuve)
Source : Schneider Electric France
3.1. Hauteur d’installation du tableau
La NF C 15-100 impose une hauteur des organes de manœuvre entre :
- 0,90 m et 1,80 m du sol (coffret sans porte)
- 0,50 m et 1,80 m du sol (coffret avec porte)
3.2. Emplacement de la GTL
La GTL doit être placée :
- Dans un lieu facilement accessible, à proximité de l’entrée du logement
- À au moins 60 cm d’un point d’eau
- À au moins 40 cm d’une source de chaleur
- À au moins 10 cm d’une installation gaz
Repérage obligatoire des circuits : Chaque disjoncteur doit être identifié par un repérage texte ou logo indiquant le local concerné (cuisine, chambre 1…) et la fonction (prise, éclairage…). Un schéma de l’installation doit être remis à l’occupant et peut être rangé dans un porte-document fixé dans la GTL.
4. Circuits obligatoires par pièce
La NF C 15-100 définit le nombre et le type de circuits à prévoir selon chaque pièce du logement. Voici les principales obligations :
4.1. Éclairage
- Minimum 2 circuits d’éclairage par logement (sauf studio : 1 suffit)
- Maximum 8 points d’éclairage par circuit (disjoncteur 10 A ou 16 A, câble 1,5 mm²)
- Au moins 1 interrupteur par pièce, placé entre 0,90 m et 1,30 m du sol
4.2. Prises de courant
- Maximum 8 prises par circuit sur disjoncteur 16 A (câble 1,5 mm²)
- Maximum 12 prises par circuit sur disjoncteur 20 A (câble 2,5 mm²)
- Toutes les prises doivent être équipées d’une broche de terre
- Hauteur minimale : 5 cm du sol(12 cm pour les prises > 20 A)
4.3. Bornes de recharge pour véhicules électriques (IRVE)
L’installation d’une borne IRVE nécessite :
- Un circuit dédié avec disjoncteur dimensionné selon le courant de charge
- Une protection différentielle dédiée ≤ 30 mA, de type A ou F
- Un voyant de présence de tension sur le tableau
Source : Schema-electrique.net
5. Étapes d’installation : de la préparation au contrôle
Sécurité absolue avant toute intervention : Coupez le disjoncteur général. Vérifiez l’absence de tension sur les circuits concernés à l’aide d’un testeur. Utilisez du matériel conforme (marqué CE ou NF). Toute manipulation électrique doit être réalisée hors tension.
- Étude et dimensionnement : Établir la liste des circuits nécessaires par pièce, calculer le nombre de modules requis (+ 20 % de réserve), choisir la taille du coffret et son nombre de rangées. Prévoir également le coffret de communication si construction neuve.
- Installation de la GTL et du coffret : Installer la Gaine Technique Logement aux bonnes dimensions (600 × 250 mm minimum) à proximité de l’entrée du logement. Fixer le coffret électrique à la hauteur réglementaire (axe des organes de manœuvre entre 0,90 m et 1,80 m).
- Pose des équipements sur le rail DIN : Installer dans l’ordre : le disjoncteur de branchement, les interrupteurs différentiels (de gauche à droite par convention), les disjoncteurs divisionnaires par groupes de circuits, le parafoudre si requis, et les borniers (terre, neutre, phase).
- Câblage et raccordement : Raccorder les conducteurs d’arrivée au AGCP. Connecter phase et neutre aux interrupteurs différentiels via des peignes d’alimentation. Raccorder chaque circuit : phase (rouge/marron) sur le disjoncteur, neutre (bleu) sur le bornier neutre, terre (vert/jaune) sur le bornier de terre. Utiliser des connecteurs conformes — les dominos sont interdits pour les conducteurs de protection.
- Repérage et schéma : Étiqueter chaque disjoncteur (local + fonction). Établir le schéma de l’installation électrique et le placer dans un porte-document fixé dans la GTL. Ce repérage est obligatoire pour l’obtention du CONSUEL.
- Vérification et mise sous tension : Vérifier l’absence de court-circuit, contrôler la prise de terre, tester le déclenchement des différentiels (bouton TEST). Mettre sous tension progressivement circuit par circuit. Préparer le dossier CONSUEL si requis.
6. CONSUEL : l’attestation de conformité électrique
Le CONSUEL (Comité National pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité) est une association reconnue d’utilité publique chargée de contrôler la conformité des installations électriques avant leur raccordement au réseau public. Sans attestation CONSUEL, Enedis ou une ELD (Entreprise Locale de Distribution) ne peut pas raccorder le logement à l’électricité.
Sources : EDF Particulier, ENGIE, Ilek
Conclusion
Le tableau électrique est le cœur de sécurité de votre logement. Mal dimensionné ou vieillissant, il peut être à l’origine d’incendies, de chocs électriques ou de pannes répétées. Bien conçu et conforme à la norme NF C 15-100, il protège durablement les occupants et les équipements, tout en garantissant la valeur du bien immobilier.
FAQ
Peut-on installer un tableau électrique soi-même ?
Juridiquement, un particulier peut effectuer des travaux électriques dans son propre logement. Cependant, si les travaux nécessitent une coupure générale par Enedis, l’attestation CONSUEL sera obligatoire et une visite d’inspection systématique sera déclenchée. Pour des travaux importants (remplacement de tableau, rénovation totale), faire appel à un électricien professionnel garantit la conformité et simplifie les démarches.
Quelle est la durée de vie d'un tableau électrique ?
Un tableau électrique a une durée de vie moyenne de 25 à 30 ans. Au-delà, une mise aux normes simple ne suffit généralement pas et le remplacement complet est recommandé. Les disjoncteurs thermomagnétiques peuvent se dégrader avec le temps, perdant leur précision de déclenchement.
Un tableau électrique doit-il être dans l'entrée ?
La norme NF C 15-100 ne l’impose pas strictement dans l’entrée, mais exige que la GTL (qui contient le tableau) soit placée dans un lieu facilement accessible, à proximité de l’entrée du logement ou dans un local technique. L’entrée reste l’emplacement le plus courant et le plus pratique pour respecter toutes les contraintes réglementaires (distances avec les points d’eau, gaz, chaleur).
Quelle différence entre interrupteur différentiel et disjoncteur différentiel ?
L’interrupteur différentiel (ID) détecte uniquement les fuites de courant (protection des personnes contre l’électrocution) mais ne protège pas contre les surcharges et courts-circuits. Le disjoncteur différentiel cumule les deux fonctions : protection différentielle + protection contre les surintensités sur un seul circuit. Dans un tableau résidentiel standard, on utilise des interrupteurs différentiels en tête de rangée, complétés par des disjoncteurs divisionnaires non-différentiels sur chaque circuit.
Combien de temps dure l'installation d'un tableau électrique ?
Pour un remplacement simple (tableau existant déjà câblé), un électricien expérimenté compte généralement une journée complète de travail. Pour une installation neuve dans le cadre d’une construction, le raccordement du tableau intervient en plusieurs phases et peut s’étaler sur plusieurs jours selon la taille du chantier.
